Jeanne et sa sœur Louisette, trisomique. Jeanne toujours moins entourée que Louisette. Jeanne qui aimerait prendre la place de Louisette et qui décide, comme elle, de devenir « mongolienne »…


– Alors, Jeanne, qu’est-ce qu’on fera plus tard ? Pour quel métier on veut apprendre ?
– Je ferai mongolienne !


Fédération Wallonie-Bruxelles, 2015
6 pages / 8×21 / ISBN978-2-930758-31-2

LECTEUR ET LECTRICES

Pas grave est une petite merveille de l’enfance, privilèges, jalousie, autorité, tout y est ! Très bien vu, et très bien rendu évidemment.
Edith Soonkindt, 22 avril 2016

Quelle belle écriture, histoire touchante, sur un thème important mais avec des yeux d’enfant, une superbe effronterie !
Carl Norac, 17 avril 2020

Je vous retrouve dans la cruauté de votre écriture en prose, dans Pas grave.
Annie Ernaux, 27 juin 2016

Pas grave, d’être enfermée dans le placard à chaussures, dans l’odeur tenace des pieds, parce qu’on a voulu être choyée comme sa petite sœur Louisette, et que pour cela on a bavé en public comme elle, tiré sur ses paupières, secoué sa poupée comme une chiffe, retiré ses frites à moitié mâchées de sa bouche, renversé son verre de sirop, et louché, bien sûr, le mieux possible. Pas grave de se vouloir pas normale, au centre de l’attention familiale, et de répondre à la maîtresse qui vous demande ce que vous ferez plus tard : « Moi je ferai mongolienne ! »
Versant burlesque, ce texte, d’un autre, paru dans la revue de l’Association Transpersonnelle Belge, et qui, sous le titre Un chromosome de différence* rend hommage à Marco, le cousin mongolien dont la mort à vingt-cinq ans avait soulevé des commentaires du genre « ça vaut mieux pour tout le monde ! », Marco, ce « bel être vivant dont je commence seulement à percevoir tout ce qu’il m’a donné dans ce monde de pitres » écrivez-vous avant d’ajouter : « J’ai tenu dans la mienne la petite main molle de Marco, comme le trajet le plus simple vers quelque chose qui me disait que moi aussi j’étais palpable et vivante. »
Caroline Lamarche, Discours de Réception de Corinne Hoex, Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 28 octobre 2017

*Corinne Hoex, Un chromosome de différence dans Chemins de Traverse, bulletin trimestriel de l’ITAS (Institut Européen de Recherches Transpersonnelles et de Hautes Etudes en Sciences de l’Homme) et de l’ATB (Association Transpersonnelle Belge), n° 32, avril 1995



Traduction bulgare par Todorka Mineva, dans Écrivains francophones de Belgique, revue Panorama, numéro dirigé par Krassimir Kavaldjiev, 2013

Traduction anglaise par Eriks Uskalis, dans Lisez-vous le belge ? Fédération Wallonie-Bruxelles, 2017

Traduction allemande par Frank Weigand, dans Lisez-vous le belge ? Fédération Wallonie-Bruxelles, 2017


Extraits de presse

Corinne Hoex, c’est une voix, une voix qui écrit, une voix qui parle, une voix qui choisit les mots comme on choisit une épice ou un parfum. Corinne Hoex c’est une attention de chaque instant à ce que les mots qu’elle choisit expriment exactement l’émotion ressentie. Corinne Hoex c’est une orfèvre qui pèse la sonorité de la phrase sur une balance dont les plateaux sont la poésie et la vérité. […]
Le lecteur entrant dans cette nouvelle n’en sortira pas indemne… À nouveau Corinne Hoex nous emmène au bord de l’abîme et transforme notre regard en vertige. Qui sait ? C’est peut-être là le chemin à parcourir pour aller de l’indifférence à la compassion… ?

Edmond Morrel, La Semaine médicale, n°447, 26 juin 2008

Corinne Hoex est l’un de nos écrivains majeurs. Son œuvre romanesque est irriguée par les drames intimes et familiaux dont souffre la narratrice, le plus souvent à l’insu de son entourage qui ignore le mal qu’il lui fait ? Pas grave parle de Jeanne et de sa sœur qui n’est pas comme les autres. On n’en dira pas plus.

Karoo, décembre 2015

Audio

Lecture de Marie Christine Duprez, Le Plaisir du Texte

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