La Mer du Nord. Une villa à colombages. Des dunes. Une femme. 
Un père, une mère, un fiancé qui enferment cette femme dans un piège de violence et d’humiliation.
Le récit en trois actes de cette entreprise de négation d’un être.



Soudain, il est sur moi. Ses poings cognent, me martèlent la tête. Ses poings enjoignent que je sois muette, sourde, aveugle, infirme. Ses poings commandent que je sois sans passé. Sans mémoire. Sans enfance. Ses poings exigent que je ne vive pas.


MOT DE L’ÉDITEUR
Avec une émotion contenue, dans une écriture âpre, toujours sur le fil, le roman de Corinne Hoex dresse le portrait d’un père dont la narratrice n’a connu que le mépris, d’une mère dont le regard fuit et la nie, d’un amoureux qui, avec la complicité des parents, s’épanouit en la battant.
Ma robe n’est pas froissée nous entraîne dans l’univers de la maltraitance. Après Le Grand Menu, Corinne Hoex poursuit ici une dénonciation de l’abus de pouvoir et observe comment, encouragée par la surdité du monde, la violence physique et morale subie par une femme se transforme en destin.

Les Impressions Nouvelles, 2008
112 pages / 14,8×21 / ISBN978-2-87449-040-8
Couverture : © Corinne Hoex

Prix Emma Martin 2008
Prix Indications du Jeune Critique 2008
Prix des lycéens 2009 du « roman dont on ne sort pas indemne »
Prix Gauchez-Philippot 2010
Finaliste du Prix Rossel, du Prix Rossel des Jeunes, du Prix Marcel Thiry, du Prix du Parlement et du Prix des Cinq Continents de la Francophonie

LECTEURS ET LECTRICES

J’ai lu d’une traite votre roman, dont je pressens les éléments autobiographiques, happée par votre écriture, d’une force et netteté impressionnantes, à la fois sensible et sans concessions, au scalpel.
Annie Ernaux, 15 mars 2008

Terminant ton livre cette nuit, je réalise combien le titre — superbe — est emblématique. C’est un titre qui parle de l’écriture. Comment répondre par la perfection de l’écriture au saccage intime. C’est ce que tu fais et c’est saisissant. On « comprend » le regard frappant de détermination de la fillette en couverture, ce regard ne nous quitte pas […] Je continue à penser à ton courage, à ce regard noir de la petite fille. À cette école de colère qu’est chacun de tes livres.
Caroline Lamarche, 23 décembre 2007

On ne sort pas toujours indemne d’un livre ; l’Être nié, lorsqu’il refait surface, devient indépassable et porteur d’une grande richesse et d’une force que nul ne vaincra.
Gaspard Hons, 2 février 2008

Chère Corinne, votre livre est d’un grand écrivain. Il me fait penser à un chirurgien qui doit être précis, efficace, rapide, se débarrasser d’une émotion qui peut devenir envahissante, et réussir ainsi totalement son opération.
Adrienne Fontainas, 6 février 2008

Une superbe écriture au service d’un thème douloureux […] Le rythme, une écriture serrée, une ambiance cruelle et morbide, et la mer…
Jean-Claude Pirotte, 3 octobre 2005

J’étais soufflée de bout en bout par la violence du propos et la délicatesse de l’écriture […] et j’avais envie de te demander à chaque page : et maintenant comment tu vas ? Je ne pouvais détacher ma lecture du sourire que je te vois quand je te vois, je te connais si peu mais je retiens ce sourire sous tes longs cheveux, voilà… Chapeau bas, madame ! 
Ariane Le Fort, 8 mai 2008

Quel beau livre que le vôtre ! Tout est dit, sans excès et sans fard. De cette violation et cette horreur impensable des êtres. Avec, au fond, cette mer qui est tout.
Marc Quaghebeur, 16 février 2008

Il vous a fallu du courage pour écrire ça… Merci de m’avoir fait lire ce bijou douloureux.
Henri Raczymow, 2 avril 2008




Traduction bulgare par Todorka Mineva, Éditions Altera, 2014

Corinne Hoex - Ma robe n'était pas froissée - Auteur Belge

Extraits de presse

Corinne Hoex est poète jusqu’au bout des ongles —qu’elle a bien acérés. Chez cet écrivain, nulle complaisance mais la lucidité sans faille de l’analyste, qui fait songer au Mars de F. Zorn. Quant à la langue, ciselée et ponctuée avec grâce, elle transcrit de façon percutante l’enfer quotidien d’une héroïne couturée de cicatrices. Corinne Hoex écrit comme on sabre, avec une rage froide et ce qu’il faut de saine jubilation. Bref, elle s’impose avec une grâce qui balaie le désespoir.

Christopher Gérard, La Revue générale, avril 2008, La Presse littéraire, Paris, n°15, juin 2008, Quolibets, L’Âge d’homme, 2013

Trois actes, trois négations qui enserrent la narratrice. Un père amoureux de voile, admiré et terrifiant. Une mère rétive à toute émotion, dont le regard méprisant glisse depuis toujours sur la narratrice sans la voir. Un « fiancé » dont la violence s’exerce dans l’indifférence ou la complicité parentale […] Et ce qui bouleverse aussi, c’est, malgré la violence, le ton sans rancœur de la narratrice, peut-être même proche du pardon, et sa demande d’amour indéfiniment répétée, qui chaque fois se relance inutilement en avant comme les vagues de la mer. Et puis, il y a l’écriture de Corinne Hoex. C’est elle qui donne au récit toute sa force : courte, tendue, ciselée, laissant entendre ce vide criant, l’abandon glacé où se trouve remisée la narratrice. Une écriture au scalpel, magnifique, tout en retenue et sans pathos, où l’on sent résonner en soi le cri muet des mots.

Eric BrucherAntipode, 3 juillet 2009

Corinne Hoex […] y fait, de ses souvenirs, une œuvre. Et de la progression de ses images, une tragédie. Antique, mine de rien, avec les scènes taillées au scalpel des théâtres grecs. Tout y est, la mort et l’amour, et l’aventure qui consiste à les reconnaître du même temps qu’on les vit. Quand la vie est déjà la mort. Quand le quotidien sent déjà l’éternel recommencement.

Luc Norin, La Libre Belgique, 2 juin 2009

En des phrases courtes, par petites touches, l’auteur nous plonge dans le drame des enfants non voulus, niés. Des scènes bouleversantes, où l’on sent que cette douleur ne s’éteindra jamais. Une mère indifférente, un père cynique. Et la houle de la mer du Nord en seul compagnonnage.

Nicole Debarre, Le Carnet et les Instants, février-mars 2009

Des phrases courtes, factuelles, désespérées, d’une implacable sobriété. […] L’auteur décortique, dissèque les ambiguïtés des personnages. […] Un style dépouillé, une narration fragmentée, ramènent le tragique à un constat banal et ne le rendent que davantage poignant.

Dominique Aguessy, La Revue générale, n°10, octobre 2008 & Nos Lettres, n°11, novembre 2008

Ce serait abusif de dire qu’on lit Corinne Hoex avec plaisir. On la lit avec effroi […] Sa marque de fabrique, c’est, à l’instar des tragiques grecs, d’inspirer la terreur et la pitié. Pourtant, ici, pas un mot plus haut que l’autre […] Tout est précis, mesuré, glacé et silencieux. Ce qu’elle nous peint, ce sont des situations de domination, comme beaucoup d’enfants en éprouvent, dans le silence imposé, dans la prétention effroyable à la normalité de l’obéissance, la fascination pour le maître, le parent qui ordonne, qui, en toute bonne conscience, impose sa loi arbitraire et fasciste.

Henri Raczymow, Regards, juin 2008

Corinne Hoex le dit elle-même à la page 98 de son terrifiant récit : ce n’est pas un conte de fées. Le décor a pourtant le charme un peu tarte d’un Martine à la plage : les années soixante, la mer, une grande maison, une famille bourgeoise. Mais, si les premières pages sont belles et tristes, la suite sera un cauchemar. Pur et simple […] Corinne Hoex écrit peu mais elle écrit fort et profond. Corinne Hoex n’écrit pas long, mais elle écrit essentiel. Un peu comme si sa vie en dépendait.

Thomas Gunzig, Elle Belgique, juin 2008

Repasser ses souffrances. Roman étonnant que ce second opus de Corinne Hoex. D’une sobriété exemplaire, qui n’en accentue que davantage les forces, la dureté, la violence. […] Un livre court, mais qu’il faut prendre le temps de lire. Pour savourer l’écriture et pour percevoir, sous l’apparence lisse d’une robe sage, les images terribles et les tourments des relations humaines – sans lesquelles, cependant, nous ne serions que des pierres.

Vincent Engel, Victoire, 3 mai 2008

Absence d’intérêt, mépris du cadeau apporté, critique du choix des fleurs, autant de tentatives vaines qui introduisent le thème connu de la non-reconnaissance et de la soumission qui la sous-tend. Une blessure sourde dont la souffrance est devenue familière au point de s’imposer comme préalable dans les relations avec autrui. Le terrible jeu du malheur de vivre est ici décrypté en ses moindres détails, avec une force, une élégance et une retenue peu communes.

Thierry Detienne, Imagine, mars 2008

Après un premier roman publié en 2001, Le Grand Menu, qui a bénéficié d’un accueil médiatique enthousiaste, Corinne Hoex poursuit une dénonciation aiguë de l’abus de pouvoir dans Ma Robe n’est pas froissée […] L’auteure belge raconte sans fard l’entreprise de négation d’un être, emprisonné dans la violence et l’humiliation […] C’est le roman d’un assassinat psychique.

Pascal Pellegrino20 minutes, 11 février 2008

Avec ses mots à elle, Corinne Hoex découpe le gigot du dimanche au couteau électrique. Que reste-t-il de tout cela ? Rien, même pas une vieille photo de sa jeunesse. Ce petit livre cruel n’incline pas à l’optimisme. Il est implacable. Comme un film très court. Et qui pourtant n’en finit pas.

François Cérésa, Le Figaro Madame, 9 février 2008

Une écriture tout empreinte de finesse et de poésie qui tempère un récit d’une rare cruauté. Laissez-vous porter par cet émouvant roman, sombre et hiératique comme un matin de Toussaint.

Myriam Berghe, Femmes d’aujourd’hui, 7 février 2008

Précise et d’autant plus accablante, la phrase est disposée à l’équerre, taillée au cordeau, sans aucune faute de goût : un habit de lumière pour raconter le plus obscur. Du Bazin pétrifiant […] On n’ose lâcher ce récit âpre, contondant, lacéré, tout d’amertume et de charme vénéneux, cette écriture qui frôle l’échine et lui arrache des tressaillements troubles.

Marc-Émile Baronheid, Elle Belgique, février 2008

Sans pathos, d’une écriture sèche, quasi sans adjectifs, un « raclage jusqu’à l’os » qui résulte de plusieurs années de travail, qui prend à la gorge, tellement il s’y raconte l’horreur […] Ce roman dur et beau dénonce la violence familiale et montre avec beaucoup de finesse ce qu’un être humain, aux apparences impeccables, peut avoir subi.

Lucie Cauwe, Le Soir, 18 janvier 2008

Corinne Hoex, dans Ma robe n’est pas froissée, formule la crudité sans pardon de l’éveil à l’amour lorsqu’il est dévasté. Viol ordinaire. Découverte de soi par-delà le châtiment d’exister. Rouge enfer de la haine puérile. « Sans pardon » ? Ce n’est pas sûr. Car une secrète compassion s’insinue au tréfonds de cette partition pourtant implacable.

Pierre Mertens, Le Soir, 11 janvier 2008

Un roman à la fois dur et beau qui dévoile les souffrances inimaginables qu’un être humain peut garder secrètes.

Julie Braun, Wolvendael Magazine, avril 2008

Après Le Grand Menu, Corinne Hoex continue à dénoncer l’abus de pouvoir. Et ce nouveau roman est d’autant plus fort que la narratrice semble retenir toute émotion pour parvenir à raconter son histoire. Le mépris d’un père, l’indifférence d’une mère, la brutalité d’un fiancé : trois temps pour décrire le piège de violence qui se referme silencieusement sur une femme.

Isabelle Desobry, Axelle, avril 2008

Un très beau style, très sobre, très direct, sans un mot de trop. Et pourtant, une grande place pour la nuance, le non-dit. Une écriture souple et somptueuse et caressante comme un beau velours. Il y a du bonbon anglais en elle, alliant l’acidité au moelleux. Un style, une personnalité, c’est sans doute, à notre époque, la qualité la plus rare, et qui doit nous être la plus précieuse. Que vous dire de plus ? Sachez seulement qu’il y a là un père, qui est comme le pendant masculin de la Folcoche d’Hervé Bazin. La mère est pire, sans doute ; et le récit de leur fin, à l’un comme à l’autre, n’est pas sans rappeler ceux que fit Annie Ernaux de la mort de ses parents. Mais ce qui, chez Ernaux, était dit en voix off et comme éteinte, est ici éminemment romantique et égotiste, à la façon de Stendhal. Tout l’art de Corinne Hoex est dans l’allusion, la discrétion, le trop-peu qui dit beaucoup, la bonde qui se délivre – mais il y a toujours cette retenue, et comme un sourire en coin, même si c’est au bord des larmes. Un théâtre de la cruauté qui va tellement loin que l’on se demande si c’est rêve ou réalité. Et, aux toutes dernières lignes du livre, l’avant-plan et l’arrière-plan (le paysage) se rejoignent, comme les cartons à plier dont s’amusent les enfants. Tout cela est d’un art extrêmement consommé. Un véritable plaisir de lecture.

Joseph Bodson, Reflets Wallonie-Bruxelles, mai-juin 2008

Même quand elle écrit des romans, comme Ma robe n’est pas froissée ou Décidément je t’assassine, Corinne Hoex fait de la poésie. Elle coupe, elle tranche dans la graisse des mots, elle va jusqu’à l’os, elle épure sa langue à vif. Elle ne laisse que la toute puissance des mots, du son, du sens.

Jean-Claude VantroyenLe Soir, le 2 août 2011

En trois actes, se déroule la tragédie d’une oppression familiale et de ses conséquences, infiniment roulées et déroulées comme les vagues de la mer […]. Les mots sont implacables, les phrases sans issue. Un roman tel un poignard, admirablement affûté.

Marie-Clotilde RooseLe Mensuel littéraire et poétique, mai-juin 2008


Corinne Hoex, c’est une voix, une voix qui écrit, une voix qui parle, une voix qui choisit les mots comme on choisit une épice ou un parfum. Corinne Hoex c’est une attention de chaque instant à ce que les mots qu’elle choisit expriment exactement l’émotion ressentie. Corinne Hoex c’est une orfèvre qui pèse la sonorité de la phrase sur une balance dont les plateaux sont la poésie et la vérité.
Dans son dernier roman paru, Ma robe n’est pas froissée, la narratrice nous raconte la tragédie du silence convenu, le bourbier de la violence d’un homme au sein d’un couple, l’horreur des hypocrisies criminelles dans le huis clos d’une famille. Petite fille, adolescente et puis jeune femme soumise à la violence perpétuelle de l’absence d’amour, la narratrice nous plonge dans l’enfer de la haine familiale. Avec un faux détachement, elle nous conduit jusqu’au bord du précipice, là où nous ne pouvons plus jamais dire « je ne savais pas », « je ne voyais pas », « je n’entendais pas »…
Avec ce roman, et la force hallucinante du phrasé si particulier de cette grande styliste de la littérature, Corinne Hoex donne la parole à toutes les victimes brisées par la violence autant que par le silence… elle leur donne de la voix, une voix qui sonne haut et fort comme une révolte.

Edmond Morrel, La Semaine médicale, n°447, 26 juin 2008

C’est un livre très fort et bouleversant où la narratrice, par petites touches, en chapitres d’une ou deux pages, évoque les violences morales et physiques subies depuis l’enfance. […] Les choses sont dites avec sobriété, et le choc est d’autant plus rude. Alors pour ne pas s’en séparer trop brutalement, on en relit des passages, et au-delà des faits bruts, c’est la relation que la narratrice entretient avec l’idée même de l’amour qui surgit d’entre les maux.

Serge Cabrol, Encres vagabondes, 16 mars 2008

Corinne Hoex est un de nos plus grands écrivains et il suffit, pour s’en convaincre, de lire son époustouflant petit ouvrage intitulé Ma robe n’est pas froissée, paru l’année dernière aux Impressions Nouvelles à Bruxelles. En trois parties distinctes, elle y fait le récit, sur un ton acéré et badin, des violences subies au quotidien par une petite fille devenant grande. […] Le style de l’auteur, à mi-chemin entre le détachement de l’étranger camusien et l’ironie flaubertienne, s’épanouit en flèches du Parthe décochées à la fin des chapitres tenant eux-mêmes en quelques lignes. […] Cette brièveté de forme n’exclut en rien l’ampleur des constats et la profondeur de l’effroi qu’ils suscitent.

Bernard Delcord, Lire est un plaisir, Homelit (partenaires de Radio Nostalgie) et Liberty TV, octobre 2009

Un texte dérangeant porté par une écriture lapidaire.

Vers l’avenir, 13 mars 2008

La force de ce récit vient de ce que les choses y sont décrites sans complaisance, mais aussi sans récrimination, presque avec détachement. Avec, en contrepoint, la présence de la mer (troublante homonyme de la mère), qui revient telle une litanie. Tantôt vengeresse, quand la narratrice imagine qu’elle engloutit la maison. Tantôt consolatrice, offrant le spectacle paisible des jeux de la plage : Rien ici ne connaît l’angoisse de vivre. La menace terrible de l’amour. Et celle, plus terrible encore, de l’absence d’amour, qu’à défaut de mieux seule la beauté de la langue a le pouvoir d’exorciser.

Daniel Arnaut, Le Carnet et les Instants, février-mars 2008

La robe a beau ne pas être froissée, il est des fêlures invisibles qui demandent à s’exprimer et c’est le mérite de ce livre d’avoir mis des mots sensibles et sans concessions sur ces violences qui naissent dans le secret des familles et des couples.

Michel Torrekens, Le Ligueur, 19 mars 2008

Corinne Hoex nous invite, avec Ma robe n’est pas froissée, aux rives d’une mer du Nord sépia pour nous confier une jeunesse contrastée en noir et blanc. Un sacré voyage !

Christian LibensLa Revue générale,février 2008

Cet inventaire calamiteux pourrait sembler, à tort, excessif ou complaisant. Il ne rend pas compte de la grande sensibilité et du regard profondément humain que Corinne Hoex pose « malgré tout » sur les êtres qui ont pourri la vie de son personnage. Ni du double sens que pourrait inspirer le titre d’un livre nourri de vécu et d’une haute qualité littéraire : cette robe qui n’est pas froissée.

Ghislain Cotton, Le Vif-L’Express, 25 janvier 2008

Corinne Hoex nous entraîne dans la spirale sans fin de la violence au sein de la famille. […] La brièveté et le style acerbe, aux phrases courtes et tranchantes, amplifient le caractère incisif du roman. En trois actes, Corinne Hoex transmet le sentiment très désagréable d’être témoin d’un crime auquel on reste impuissant. Au début, on apprend que le père de la narratrice est mort et elle lui parle, à l’image d’une lettre posthume. On découvre alors avec horreur l’enfer quotidien de l’enfant puis de la jeune fille, battue par son père. La peur de toi m’a tenu lieu de raison d’être. L’angoisse, surveiller chacun de ses gestes, la soumission. L’écrivaine traduit l’ambiguïté de la relation, le désir pour la fille de plaire à son père, le père recherchant la fille parfaite, inévitablement déçu, puis le geste ou la parole déplacée qui conduisent aux représailles.
Dans l’acte deux, c’est le rapport avec la mère qui est évoqué. La cruauté implacable de la mère vaut celle du père, même si elle est essentiellement psychologique. La destruction du corps que symbolisait le père est remplacée par l’indifférence totale, l’ignorance de sa fille en tant qu’être humain pour cette mère incapable de sentiments.
Enfin, l’acte trois parachève cette vie teintée d’instinct de survie. Un « amoureux » apparaît, mais, à son tour, il se révèle violent, impulsif, à la personnalité dévorante, synthèse de la violence des parents. La jeune fille ne s’accomplit pas en tant que femme, elle renie jusqu’à sa propre existence. Tel un piège, le cercle vicieux se referme sur elle. Il lui faut continuer à vivre comme un oiseau blessé.

Camille PerottiLa Libre Belgique, 4 janvier 2008

Corinne Hoex a écrit un roman dru et fort sur la manipulation d’un être vulnérable. Elle met impitoyablement à nu les mécanismes d’une dépossession de soi.

Michel Voiturier, Le Carnet et les Instants, février-mars 2009

Ce roman, sous sa minceur, bouleverse parce que sa simplicité formelle et la façon dont l’écriture par endroits blanchit et s’abrase permettent à la violence de sourdre toute nue des pages ; parce que, la structure, en chapitres courts où fusionnent souvent instants vécus, souvenirs, cauchemars et attentes désespérées, mime avec une justesse aiguë la déconstruction morale que subit la narratrice, et la confusion de sentiments qui la broie.

Isabelle Roche, Lelitteraire.com, 25 janvier 2008

J’ai découvert l’écriture de Corinne Hoex avec Ma robe n’est pas froissée, un roman édité par Les Impressions Nouvelles en 2008. Me souvenant de son abord chaleureux, de son visage ouvert et de son regard prompts à sourire, de sa voix alerte et vive qui, elle aussi, paraît sourire quand elle parle, j’ai été très surprise de lire ses phrases abrasées, dépouillées et graves, tissant une parole prêtée à une narratrice en proie à une profonde souffrance psychologique.

Isabelle Roche, Terres Nykthes, 20 mars 2010

Un roman dur, court mais terriblement dense et le découpage en chapitres pas très longs accentue encore cette impression de tableaux brutaux qui se succèdent pour créer une vie vraiment pas drôle. Le lecteur ne peut qu’être interpellé par la passivité de cette fille/femme, qui se révolte à peine, tout en étant cependant lucide sur tout ce qui se passe, tout ce qu’elle devrait faire. Corinne Hoex décrit avec froideur et une absence totale de pathos ce triste déroulement de vie et cette douloureuse absence d’amour.

Sahkti, Critiqueslibres.com, 13 mars 2008

Ma robe n’est pas froissée a reçu le dimanche 1er juin 2008, au Joli Mai, le Prix Indications du Jeune Critique (ex-aequo avec Grégoire Polet) : […] les supporters de Corinne Hoex vantaient le côté bouleversant de son roman, ainsi que la manière dont celui-ci faisait réfléchir les lecteurs sur les abus de pouvoir. Interrogée par les jeunes jurés, Corinne Hoex répond : En rédigeant ce livre, j’éprouvais la nécessité intime d’exposer un abus de pouvoir, d’autant plus que celui-ci se déroule dans un milieu en apparence policé. J’ai voulu le faire en laissant de la place aux lecteurs, pour qu’ils puissent investir l’histoire.

Adrienne Nizet, Le Soir, 2 juin 2008

Sans un faux pli et sans déchirure, Corinne Hoex nous emmène doucement dans un monde de violence et d’annihilation de l’être.

Elénore RonneauIndications, 29 août 2008

Non, le roman n’est en rien autobiographique. À quoi bon raconter un vécu que l’on connaîtrait déjà ? commente Corinne Hoex. L’écriture en tant que reflet de la réalité ne constitue pas à ses yeux un enjeu mobilisateur. En revanche, creuser plus profond par le biais de la fiction, s’aventurer dans les territoires de l’inconscient à la recherche de parcelles de soi qu’on ignore, voilà qui donne sens à l’acte d’écrire.

Karole Bohac, Magasin, Espace culturel provincial du Hainaut, juillet-août-septembre 2009

Après son premier roman, Le Grand Menu (L’Olivier), qui avait laissé une impression forte, on attendait le suivant de Corinne Hoex qui poursuit ici l’exploration des arcanes secrets de la vie familiale.

Michel Torrekens, Le Carnet et les Instants, février-mars 2009

Ici, comme dans Le Grand Menu, il s’agit de l’histoire d’une femme, écrite à la première personne, du regard, aussi, d’un adulte sur l’enfance. Il s’agit, dans l’un comme dans l’autre cas, d’une vie difficile, blessée, marquée par le manque d’amour, d’épanouissement, de confiance. […] Un roman terrible, au plein sens du terme ; et Claire Anne Magnès, dans le style sobre et précis qui est le sien, a su nous en faire sentir à la fois les grandes articulations, l’ossature, et la beauté du style, ces courtes phrases, sans un mot de trop, et où chaque mot fait mouche.

Joseph Bodson, Nos Lettres, juin-juillet 2008

Récit d’une violence froide, stagnante mais bien réelle, le livre de Corinne Hoex nous fait toucher la dureté des relations humaines. Les tensions psychologiques et les rapports de soumission sont constamment présents dans les écrits de l’auteure (Le Grand Menu en 2001, Décidément je t’assassine en 2010). La famille est notamment le lieu de toutes les humiliations et de toutes les destructions. On ne sort pas indemne de la lecture des romans de Corinne Hoex, mais la conscience éveillée.

Médiathèque départementale du Nord – Conseil général du Nord, février 2011

D’une écriture au scalpel, sans la moindre graisse, la narratrice de Ma robe n’est pas froissée se penche sur trois moments de sa vie. La mort de son père, d’abord, personnage difficilement sondable, autoritaire, cinglant, sans élan de tendresse mais qui fait exister sa fille. La lente mort de sa mère ensuite, dans une maison de repos dans les dunes, femme froide, méprisante, dépourvue de la moindre sensibilité. À ces deux violences intérieures, s’en ajoute une troisième, bien réelle celle-là : les coups reçus par son « amoureux » dans la maison même de ses parents.

Le Généraliste, 27 mars 2008

Peu d’auteurs ont si bien abordé le désarroi, l’arbitraire, l’irrespect, la solitude au sein de cette petite cellule que Gide haïssait et qui demeure néanmoins l’un des fondements de la société. En dénonçant les abus clandestins à sa manière incisive, la romancière nous offre une robe aux plis nets, glaçants, cruels… En somme, une robe qui déshabille !

Charles-Antoine de Trazegnies, Uccle chez vous, février 2008

Petit bonheur divin pour amateur de mots : Ma Robe n’est pas froissée trône en excellente place dans les librairies. Le « désir » de l’auteur(e) ? Les grandes thématiques ou la dénonciation de faits de société. En un style frôlant l’épure descriptive. […] Corinne Hoex aime à « rester en-deçà de l’analyse » : « C’est un faisceau de lumière sur une situation, de la façon la plus précise possible. Ainsi, je laisse beaucoup de place au lecteur. » […] Ce que l’on vous conseille, c’est de la lire, toutes affaires cessantes.

Guy Bernard, Passe-partout,5 juin 2008

La force du livre réside dans son acuité, son sens de l’observation. […] un texte sur la position de la victime. Sur, aussi, notre caractère irréductible, résistant.

Peps (Nord Éclair), 10 février 2008

Ce livre est le récit d’une destruction en trois actes : un père, une mère et un fiancé enferment une jeune fille dans un quotidien de violence et d’humiliation. Avec une émotion contenue, dans une écriture âpre, toujours sur le fil.

Albert de Smet, World Periodical Press News, juin 2008

M. Horremans, président du jury, présente l’œuvre de la lauréate, Corinne Hoex, Ma Robe n’est pas froissée, et souligne que « le texte interpelle autant qu’il dérange. Car il ne relate rien d’autre que la démolition méthodique d’un être humain, orchestrée sous le masque impassible des bonnes apparences ». […] Ma robe n’est pas froissée est un livre fort apprécié par le jury chimacien, pour sa justesse de ton. […] Françoise Houdart, ancienne lauréate du prix chimacien et actuelle membre du jury, souligne que Ma robe n’est pas froissée a « un ton juste, sans pathos, avec une écriture claire qui révèle l’essentiel ».

Robert Louette, L’avenir, le 7 juin 2010

Ma robe n’est pas froissée trace l’histoire d’une maltraitance. Dans une écriture âpre et directe, Corinne Hoex dresse le portrait d’un père dont la narratrice n’a connu que le mépris, d’une mère dont le regard fuit et la nie, d’un amoureux qui, avec la complicité des parents, s’épanouit en la battant. Corinne Hoex poursuit ici une dénonciation de l’abus de pouvoir et observe comment, encouragée par la surdité du monde, la violence physique et morale subie par une femme se transforme en destin. Un sujet plus qu’actuel !

Bruno Van Calster, Metro, 28 mai 2008

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