Corinne Hoex - Auteur Poète Romancière Belge - Les ombres

Texte de Corinne Hoex
Dessins de Robert Lobet



Elles.
Ce sont les ombres.
Elles sortent de toi. Vivent pour toi.

Plus légères. Plus lourdes aussi. Elles ont besoin d’encre.
Besoin de te voler ta forme.
Pour exister
.

Éditions de la Margeride, 2020
dessin à l’encre en couverture accompagné de trois peintures sur calque
34 pages/16×20
50 exemplaires sur papier Olin 250g et 7 exemplaires de tête sur vélin Johannot,
tous numérotés et signés par l’auteur et l’artiste

LECTEURS

J’ai lu et relu à plusieurs reprises, pour bien les déguster, ces ombres étranges, menaçantes, avec un pied dans ce monde connu (que l’on croit ou que l’on aimerait connaître) et un autre dans un monde inconnu qui pourtant est aussi le nôtre… Quelques mots vifs, placés avec justesse, te suffisent (comme toujours, chère Corinne) à nimber tes poèmes de l’épaisseur du mystère. Tes ombres donnent une forme à la fois grave et légère aux mouvements de l’inconscient, et c’est grand art de les dire en si peu de mots.
Vos peintures, cher Robert Lobet, accompagnent parfaitement ces pas qui dansent aux frontières du réel et du rêve, jusqu’à la sorte de dissipation ultime qui est comme la buée d’un soupir. Elles ajoutent aux poèmes la figuration du grand questionnement de nos vies, vouées à la perte.

Thierry-Pierre Clément, 29 mai 2020

Quelle Beauté, avec les dessins diaphanes de Robert Lobet, si suggestifs, qui vont bien avec l’atmosphère de tes poèmes.
Je les ai lus plusieurs fois et je les aime beaucoup, décantés, tout y est juste, il y a une profonde pensée poétique, « Les ombres », cette mystérieuse part sombre de nous-même avec laquelle nous devons cohabiter et sans laquelle notre être manquerait d’opacité et de substance. Il y a dans ton écriture un grand métier, une finesse extrêmement subtile, et une sorte de tendresse pudique, je les aime, tes poèmes, parce qu’ils sont habités, il y a quelqu’un, tu es bien là.
Philippe Lekeuche, 30 mai 2020

Extraits de presse


Les parts d’ombre et de lumière feraient-elles cause commune à révéler l’essentiel ?
Comme on pourrait parler de « l’absence », la poésie de Corinne Hoex s’émeut d’une présence ressentie et qu’elle aime partager. La voici comblée avec cette œuvre qu’illustrent très brillamment les aquarelles parfois pastellisées de Robert Lobet.
Si le temps, parfois, nous efface les visages de la mémoire, les démarches anonymes que nous avons croisées ne nous accompagnent-elles pas au-delà de nous-mêmes ? Corinne a cette sorte de perception qui donne de l’intensité aux anonymats perçus ou retrouvés : Parfois, elles font un rêve triste/ Elles t’éveillent dans la nuit/ – De la lumière ! / Donne-nous de la lumière ! / De gros insectes/ Des phalènes/ Des hannetons luisants.
On ne peut intégrer l’ombre. Ce sont les ombres qui, entre elles, nous assimilent en lumière, même fugace, quand nous savons bien que jouer de l’ombre c’est aussi jouer des lueurs. Les ombres peuvent autant être obsédantes qu’anonymes. Impossible cependant de les faire fuir.
Ce sont de belles ombres qui, sans doute, se plairaient beaucoup dans les tableaux de Soulages, le peintre de la lumière « augmentée » d’une obscure présence noire et lumineuse dans ses reflets. Vêtues d’une sorte d’éternité habillée d’un érotisme dépouillé, les ombres de Corinne rendent le texte suffisamment charnel pour n’évoquer que la Vie.Le livre donne cette impression d’être habité d’une sorte d’anges sans ailes, sans visage mais à la démarche tellement absolue que leur présence devient nécessaire, vitale : Elles glissent, ensommeillées/ Roulées dans leur manteau/ Parfois, elles t’avalent/ Parfois, elles se déchirent/ Décollées de toi/ Nues/ Si nues.
Les découvrir, c’est marcher avec elles et…se sentir accompagné dans les pensées qui rôdent autour de nous comme autant de partages à aller, avec style si possible, à l’essentiel de nos vies multiples, parfois multipliées à devenir participantes à quelque chose d’inconnu qui nous échappe mais que la poète peut ressentir avec le brio qu’on lui connait à user du texte bref comme autant de pulsions à motiver les éclairs inspirant son langage personnel.

Patrick Devaux, Reflets Wallonie-Bruxelles, n°65, juillet-août-septembre 2020