Texte de Corinne Hoex
Sérigraphies de Robert Lobet


Il faudra que tu viennes.
Et je veux être là.
Me jeter dans ta caresse.
Comme on se jette au feu.

La Margeride, 2017
30 pages / 14,3×18,8
30 exemplaires sur Olin 250 g
5 exemplaires de tête sur Velin Johannot 250 g
tous les exemplaires numérotés et signés par l’auteur et l’artiste


Extraits de presse

Le Feu est le titre du plus récent livre d’artiste signé conjointement par Corinne Hoex (pour le poème) et Robert Lobet (pour les dessins), paru aux éditions de la Margeride. Un feu tout en contrastes, qui mêle douceur et violence, sensualité tactile et insaisissabilité. Apparentes contradictions soulignées par les œuvres graphiques qui s’étirent alternativement à l’horizontale et à la verticale… mais qui trouvent leur réconciliation dans l’entremêlement des lignes et l’abandon final du poème. Ce feu se mêle aussi à l’eau, les références à cet élément sont d’ailleurs davantage présentes que celles inspirées par le feu… jusqu’à la fin justement où l’on comprend que l’eau s’est changée en feu, que l’eau est le feu. Je veux être là, écrit le poète, être là, dans la présence pleine à la vie réunifiée, entière. Être là, dans l’accueil, mais pas seulement : s’y jeter, à bras ouverts. Il s’agit d’une présence active, qui participe au mouvement de l’eau et du feu et s’y mêle absolument. La vie est un acte d’amour.

Thierry-Pierre Clément, Le Journal des Poètes, 3-2018, 87ème année.

Barbara, à Vienne, écrit à un homme qu’elle vient de quitter parce que « notre ciel devenait si lourd » ; après quelques semaines, elle lui écrit enfin « il faut que tu viennes », c’est l’automne à Vienne.
Corinne Hoex, elle, invite, sûre d’elle : « il faudra que tu viennes ». Tu ne peux pas rester hors d’atteinte. Comme une ondée, tu approches doucement sur la terre. Comme un orage, tu galopes, tu te jettes dans l’espace qui nous sépare, tu heurtes les obstacles qui montent du sol mais rien ne t’arrêtera, quelles que soient les blessures. Tu laisseras derrière ton passage des ombres, des dessins, des frôlements, des scintillements. Et ma main pourra enfin te toucher, non pas te saisir, on ne saisit l’eau ni le vent. C’est alors seulement que j’apparaîtrai, serai présente, je m’y brûlerai.
De texte en texte, Corinne s’adresse à celui qui doit venir, parcourant les saisons, les éléments l’un après l’autre, la terre, l’eau, l’air pour aboutir au feu et s’y réaliser dans la caresse.
Les œuvres de Robert Lobet qui accompagnent les textes alternent les murmures des rivières et les surgissements des arbres, l’horizontalité des unes et la verticalité des autres, et parviennent à unir le je et le tu dans une étreinte ardente.

Marc Verhaverbeke (pseudo Onarretetout), blog main tenant, 28 juin 2018